| Né en 1904 en Slovaquie, c'est à la fin des années 1920 que François Kollar devient un professionnel de la photographie et acquiert une technique confirmée grâce aux travaux effectués dans les studios et agences Bernés, Marouteau et Cie, Draeger, Chevojon, Lecram. II pratique dès ses débuts une photographie aussi bien commerciale que de recherche. II s'affirme dans le reportage industriel comme dans la prise de vue publicitaire pour Oméga, Christofle, Hermès, les parfums Worth et Coty ; il collabore pendant de nombreuses années avec des magazines tels que Harper's Bazaar, L'Illustration, Vu, Voilà ou Plaisir de France, ainsi qu'avec le dessinateur Paul Iribe et le directeur artistique André Vigneau. De 1931 à 1934, il réalise pour les éditions Horizons de France une considérable enquête documentaire sur les métiers et le monde du travail dont les meilleurs clichés sont reproduits dans cette publication désormais légendaire : La France travaille. Kollar y évite les injustices sociales, les confins politiques. L'ouvrage révèle un photographe tempéré, à mi-chemin entre le modernisme épuré du Bauhaus et l'humanisme. Ses photographies de mode et de publicité pour Schiaparelli, Chanel, Lelong, le confirment comme un intègre ouvrier du regard ». Les poses des mannequins, les mises en scène équilibrées d'objets à valoriser attestent qu'il est réfractaire à toute exagération. Ce sens de la mesure se retrouve aussi dans les portraits qu'il fait des personnalités de son époque : la duchesse de Windsor, Coco Chanel, Piaf, Dufy. Kollar ne se confine pas pour autant dans l'immobilisme esthétique. Photomontages, sur-impressions, solarisations trouvent leur rai-son d'être dans sa recherche aussi exigeante qu'inspirée. II meurt en 1979 après avoir réalisé en 1951 un grand reportage sur l'Afrique occidentale française et, dans la dernière partie de sa vie, de nombreux reportages industriels. En 1985, l'exposition "La France travaille" est présentée par la bibliothèque Forney, à Paris, accompagnée d'un catalogue. L'année suivante, les éditions du Chêne publient un ouvrage sur le même thème. Le 7 juin 1987, sa famille fait donation à l'Etat (Mission du patrimoine photographique au ministère de la Culture) de l'ensemble de son oeuvre, soit 20 000 clichés de tous formats, ainsi que 3 000 tirages originaux. Une exposition rétrospective, accompagnée d'un ouvrage coédité par les éditions Philippe Sers/Vilo et I'AFDPP, est présentée au Palais de Tokyo à Paris, en 1990, avant d'être accueillie dans de nombreux centres culturels tant en France qu'à l'étranger. Le présent ouvrage met plus particulièrement l'accent sur le portraitiste raffiné que fut Kollar, l'habile photographe de mode et le chercheur inlassable au service de la forme et de la sensualité. Les compositions personnelles, natures mortes, gros plans, photogrammes, jeux de lumières et de textures, ont été le plus souvent réalisées pour donner corps à ses idées au service de la publicité. Ce domaine, fil rouge du photographe tout au long de sa carrière, a représenté la source constante d'une créativité sans cesse sollicitée par des clients prestigieux et fidèles. Sans doute faut-il y voir le meilleur champ d'investigations possible pour que se constitue progressivement la quintessence d'un langage graphique tendant à l'essentiel, dont le message publicitaire est l'exutoire, et cela même lorsque les dispositifs photographiques mis en oeuvre sont des plus sophistiqués.
paru en 1995 102 pages Dim 16 x 24 cm Souple Etat* : Très bon état * Qualité de l'article : Comme neuf : Parfait état. Très bon état : Sans être comme neuf, ne comporte que des défauts minimes. Bon état : Petits défauts sur la couverture, . Etat correct : Le livre doit avoir toutes ses pages ;la couverture peut être légérement endommagée. |