| | Jean Breton, dans cette anthologie passionnelle, a réuni les poètes qui soumettent l'outil du langage à la primauté de la sensibilité et qui s'expriment dans une écriture directe ou sans complexité. Dans cc choix, tantôt la sensibilité s'affirme en continu comme la disposition naturelle d'un tempérament, tantôt elle montre ses crises : l'Emotion règne alors en tempête, en névrose, sur le poème. Ces malaises et ces cris dans la vie, cette stupeur ardente, un rien va les relancer : la pluie, la nuit, la lampe. Ces fétiches extérieurs de la solitude, il semble bien qu'ils jettent le poète dans un état de méditation extrême, axée sur la fuite de l'enfance, la quête de l'unité en miettes, l'amour-l'absence, la joie d'être avec ses variantes, la pression de la mort. L'accélération du battement de coeur, inscrit au sismographe de l'écriture, devient pour ces voyageurs de l'imaginaire (qui n'ont jamais voulu perdre terre) un incomparable moteur d'inspiration. D'Apollinaire à Biga et Klée, de Fargue à Martin et Réda, de Borne à Chambelland, de Milosz à Schluncgger ou Venaille, de Becker à Merlen, la relève du lyrisme ébloui du début du siècle est plus qu'assurée. 222 pages ; 1979 13 X 22 Etat Moyen, couverture défraichie
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